Shoot people, shoot!

Paris, 7è arrondissement, mercredi 20 mai 2015 …
Clameurs et protestations au sein de l’Assemblée Nationale… Pourquoi ?
La polémique du jour concerne la création de salles de consommation de drogue dans la capitale française. Une réalité depuis de nombreuses années chez ses voisins suisses notamment, la France et ses dirigeants soulèvent aujourd’hui le débat : faut-il mettre en place des « salles de shoot » dans l’hexagone ? Faut-il offrir aux toxicomanes la possibilité de laisser libre cours à leur addiction, en mettant à leur disposition des locaux spécialement conçus pour y pratiquer leurs injections, sans risque d’infection ou de contamination ?
Les élus français, mais également l’opinion publique, ne sont pas unanimes. Quels sont les risques ? Quels sont les avantages ?
Face au problème récurrent des drogues dans notre société, les réactions sont variées, difficile dès lors de se forger une opinion sur ces nouvelles « salles de shoot ». Entre la banalisation quasi générale des drogues dites « douces » chez les ados, la diabolisation de celles-ci chez les parents inquiets et désemparés, la recommandation d’utiliser ces mêmes drogues comme traitement médical dans certains cas, et la méconnaissance générale des substances et conséquences réelles, la question de la création ou non de salles de consommation surveillées paraît dérisoire. Afin de pouvoir se placer dans le camp des partisans ou opposants à ce nouveau projet national, il serait peut-être d’abord intéressant d’agir à d’autres niveaux.
Comment ? En allant sur le terrain, dans les écoles, les lieux de détente, en informant les parents, les profs, les éducateurs, en organisant des campagnes « choc » dans les bars, boîtes et autres lieux où circulent cannabis, ecstasy et autres produits illicites.
Pourquoi ? Parce que prévenir vaut mieux que guérir… Parce que, que l’ont soit pour ou contre ces « salles de shoot », il est inadmissible que nos jeunes (et moins jeunes !) se cachent et confortent derrière l’idée qu’un joint n’est pas nocif, qu’une addiction n’arrive qu’aux autres. Parce que, face à une génération d’ados de plus en plus précoces, les ados d’hier se doivent de tirer la sonnette d’alarme, quant au danger de ces drogues de plus en plus accessibles. Parce que les profs ne sont pas suffisamment (in)formés pour réagir face à des élèves aux « yeux de lapins ». Parce qu’avant de s’occuper du traitement des patients, pour qui la drogue est devenue un rituel quotidien, il est aujourd’hui
indispensable de prendre le problème à sa racine, de trouver la solution qui limitera à l’avenir le nombre de ces patients.
Banalisant et incitant même à la prise de drogues, ou, au contraire, supervisant celle-ci dans un but purement médical, la question des salles de shoot est à l’image de notre société actuelle : tentant timidement d’enrailler un vice présent aux conséquences futures.
Comment, mais aussi et surtout… Pourquoi ?